Discours du président national de l’Unpc, Kasonga Tshilunde

Discours du président national de l’Unpc, Kasonga Tshilunde

octobre 23, 2020 0 Par redaction

Très Distinguée Première Dame,
Au nom de tous les professionnels des médias de la République Démocratique du Congo et en mon nom propre, je vous exprime toute ma gratitude pour avoir décidé d’accompagner la presse congolaise dans son combat d’une nouvelle dynamique liée à l’inédit environnement politique de notre pays.
Qu’il me soit permis de vous remercier particulièrement, Très Distinguée Première Dame, de nous faire le bénéfice de votre précieux temps afin de vivre avec nous cette activité qui intervient après plus d’une année de glissement grâce au financement de votre Fondation.
Avec volupté, votre diligence, votre bienveillance voire votre cœur de mère ont rendu possible ces assises qui s’inscrivent, à n’en point douter, dans la droite ligne du vœu exprimé par Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, de faire de la promotion de  » la presse et les médias l’une de ses priorités afin qu’ils deviennent véritablement un quatrième pouvoir « .

Très Distinguée Première Dame,
Les médias de notre pays sont à l’agonie. Les organes de presse sont toutes au bord du krach. Les cris de détresse bruissent de partout. Si rien n’est fait, la presse nationale risque de périr.
Voilà pourquoi les professionnels des médias congolais, réunis en Congrès ce jour, vous prie d’être leur interprète auprès de Son Excellence Monsieur le Président de la République afin qu’Il comprenne que la presse a un grand rôle à jouer dans la vie d’une nation car, c’est elle qui façonne, au quotidien, la conscience nationale.
Tous les professionnels des médias demandent au Chef de l’Etat de prendre le leadership des réformes nécessaires pour que ses concitoyens accèdent à une information vraie et pluraliste, façonnée par des médias affranchis.

– Très Distinguée Première Dame,
– Excellence Monsieur le Ministre d’Etat,
– Excellence Monsieur le Gouverneur de Province,
– Chers Invités,
– Estimés Congressistes,
L’occasion est belle de rendre hommage à Son Excellence Monsieur le Gouverneur de la Province du Kongo Central, ATOU MATUBUANA, notre ex-confrère, qui avait spontanément accepté notre demande d’abriter ce Congrès.
N’eussent été les soubresauts politiques qui avaient secoué la province, ce dernier se serait tenu depuis août 2019.
Nos remerciements vont à tous les hôteliers de Muanda qui nous ont accordé des remises substantielles, et plus particulièrement l’Hôtel Beviour qui nous abrite en ce moment, pour toutes les facilités.
La présence de Son Excellence Monsieur le Ministre d’Etat à la Communication et Médias, David-Jolino DIWAMPOVESA-MAKELELE MA-MU ZINGI, nous réconforte dans notre quête d’une consolidation de la défense, la protection, la formation et la promotion de la liberté de la presse et du journaliste.
Nous saluons tous les délégués présents et disons merci aux autorités et à la population de Muanda pour leur hospitalité.

Estimés Congressistes,
Nous sommes ici à Muanda qui nous parait un lieu indiqué, loin des chuintements de la capitale, pour passer au peigne fin la vie de l’Union. La tâche qui nous attend est énorme, les enjeux sont de taille.
Pour les saisir et agir en conséquence, un environnement reposant, stimulant notre imaginaire collectif, qui nous déconnecte de nos faits et gestes de chaque jour, était souhaitable. J’ose croire que l’on ne me contredira pas si je décrète que Muanda s’y prête.
Assurément, le vent porté par les vagues de l’océan Atlantique, qui symbolisent la dynamique de la vie, va fouetter nos esprits pour les rendre encore plus féconds.
Lieu touristique par excellence, notre présence dans cette cité côtière est une façon de valoriser Muanda, de pénétrer ses entrailles en vue de présenter sa plus belle carte postale qui sera lue et visionnée à travers le monde par la magie des NTIC.

Curieuse coïncidence, Muanda, c’est aussi le point d’atterrage de la fibre optique. C’est aussi du pétrole, de l’argent. Paradoxalement, potentielle cité balnéaire, cette cité présente le visage d’un parent pauvre. Cette figure doit changer. Et la presse doit être à la manœuvre.

Estimés Congressistes,
Les médias en RDC sont un vaste chantier qui nécessite beaucoup d’efforts de la part des pouvoirs publics sur tous les plans : règlementation, régulation et autorégulation.
L’Etat doit bâtir un environnement juridique à même de garantir le droit à l’information. Certains projets ou propositions de loi, telle celle portant accès à l’information, moisissent au Parlement. La dépénalisation de certains délits de presse comme la diffamation ne trouve toujours pas un écho auprès des dirigeants.
Je profite de ce Congrès pour renouveler toutes les requêtes antérieures, notamment les avantages légaux accordés à la presse, mais qui sont demeurés un vœu pieux ou qui sont devenus, à la limite, désuets.
Le tissu économique est désarticulé, ne procurant pas aux médias les ressources tant matérielles que financières utiles à leur développement.
Sans une attention particulière des pouvoirs publics, la viabilité économique des médias est un leurre, de même que l’indépendance de la presse une utopie.

Estimés Congressistes,
Six ans se sont écoulés depuis le Congrès de Caritas/Kinshasa en 2014. Qu’est-ce qui a été fait et qu’est-ce qui n’a pas été fait?
Malgré les difficultés de plusieurs ordres, principalement financières, et la guerre qui a été menée de l’intérieur contre moi, des réalisations ont été enregistrées.
La carte de presse n’est plus un casse-tête. Tout journaliste qui en exprime le besoin est servi dans les dix minutes qui suivent quel que soit le coin du pays où il se trouve.
Afin d’assurer la liaison entre les membres, l’UNPC a créé un site web où il est possible d’avoir certains renseignements sur les activités de l’UNION.
Préoccupation majeure, la viabilité économique des médias a fait l’objet d’une réflexion afin d’en dessiner le contour et envisager des solutions.
En même temps que la Mutuelle de santé a été impulsée, plusieurs autres dossiers ont été relancés, notamment la Maison de presse et la décoration des journalistes, prévue en mars 2021, à l’occasion des 50 ans de notre organisation.
L’UNPC a œuvré pour l’harmonisation des rapports avec les pouvoirs publics et les institutions d’appui à la démocratie, sans oublier la société civile.
Dans un monde qui se réduit à un village planétaire, l’on ne peut pas se recroqueviller sur soi-même, il faut se connecter à la communauté internationale.
D’où la propension à activer une coopération avec les pays étrangers, à être membre des organisations internationales de la presse et à vouloir que l’une d’elles, la plus préséante, la Fédération Internationale des Journalistes, tienne son Congrès de 2022 en RDC.
En plus, l’UNPC entend ouvrir des sections dans l’Union Européenne, au Canada et aux Etats-Unis d’Amérique où foisonnent de nombreux journalistes congolais qui font la fierté du pays.
Entretemps, d’autres défis se sont ajoutés, lesquels nous retardent sur le plan technologique sur fond de la conjoncture économique difficile exacerbée par la Covid-19. Ce qui ne fait qu’amplifier notre précarité et aggrave le fossé avec les confrères d’ailleurs.
Sur le plan juridique, j’ai demandé aux experts d’entrevoir la possibilité de convertir l’UNPC ASBL en UNPC Ordre des journalistes, dans les plus brefs délais.
Je formule le vœu de voir ces assises nous servir de plateforme pour scruter à fond la situation de notre profession afin de la mettre en phase avec le monde futuriste des médias. Nos querelles stériles sont un handicap pour la réalisation de ce rêve.
Je vous remercie.
KASONGA TSHILUNDE
Président de l’UNPC