Mini-sommet avorté de Goma: Tshisekedi découvre la haine entre voisins

Mini-sommet avorté de Goma: Tshisekedi découvre la haine entre voisins

septembre 23, 2020 0 Par redaction

Vendredi 18 septembre vers 11 heures, l’équipe d’avance conduite par François Muamba annonce à la délégation ougandaise, forte de 30 personnes arrivée la veille à Goma, le report sine die du mini-sommet de Goma. Entre les deux délégations, l’ambiance est au questionnement. Seulement, personne ne peut expliquer à l’autre ce qui se passe dans la tête des chefs d’État de la région des Grands Lacs.
Vers 14 heures, la délégation ougandaise est reçue à déjeuner à la résidence officielle du gouverneur du Nord-Kivu. Carly Nzanzu Kasivita lui témoigne de l’amitié du peuple congolais et la rassure de la volonté du chef de l’État congolais de voir ce mini-sommet se tenir. Vers 18 heures 30, la délégation ougandaise quitte le sol congolais pour Entebbe.
Selon une source fiable, tout est parti de l’annonce par le président Museveni de son indisponibilité à venir personnellement à Goma.
Pour montrer sa bonne foi, il dit se faire représenter par son premier ministre qui sera accompagné de son ancien bras droit, Amana Mbabazi, qui maîtrise mieux les enjeux de la région, lui-même étant originaire d’une localité à la frontière avec la Rdc.
Message reçu et transmis fidèlement aux autres chefs d’État par le président Félix-Antoine Tshisekedi. Ceux-ci auraient jugé cette absence de leur homologue ougandais d’offensante, arguant qu’à la table des grands, les menus fretins n’ont pas accès. De ce fait, tous ont jugé inutile leur déplacement à Goma. Et pour ne rien perdre, une réplique du mini-sommet par vidéoconférence aurait été proposée et adoptée. Reste à fixer la date.

« M7 », le plus grand commun diviseur?
Selon des informations qui ont fuité, les chefs d’État de la région tiennent mordicus à une réunion où tous seraient présents physiquement. Ils veulent effectivement laver les linges sales en famille et tenter de se réconcilier. On pointe du doigt accusateur le président Museveni, à travers son attitude, d’être à la base de profondes divisions dans la région, envenimant les tensions au sommet entre les pairs. Il convole facilement aux douces noces avec son homologue tanzanien. Il souffle le chaud et le froid entre le Burundi et le Rwanda et il veut attirer son homologue congolais vers lui seul en cherchant à lui faire avaler sa haine contre Paul Kagame qu’il présente comme le diable en personne.
Pour éteindre le feu, la présence physique du pyromane est exigée en vue de sceller la réconciliation dans la région entre les frères ennemis. Sauf que le « vieux M7 », en se soustrayant par des astuces peu courtoises, s’obstine à se présenter devant le tribunal des pairs.
Et comme on ne peut pas raser la tête de quelqu’un à son absence, le mini-sommet de Goma connaît de nouveaux reports.
De l’opposant d’hier au Président de la république aujourd’hui, Félix-Antoine Tshisekedi découvre la haine « mortelle » qui ronge les voisins de l’est de la Rdc et dont les conséquences, dans une sorte de contagion, se font sentir sur le sol congolais à travers l’insécurité, la violence armée, les populations déplacées et réfugiées et la déstabilisation du pays.

Mini-sommet sans importance?
De nombreuses personnes, naturellement impatientes et logeant le pessimisme dans leur cœur, ne voient pas l’importance d’un sommet dans la région. Erreur d’appréciation. Tout forum où on discute de la paix dans la région doit intéresser au plus haut point la Rdc qui paie injustement la facture d’une déstabilisation de la région par des querelles de ses voisins de l’est. Les efforts du Président de la république à vouloir, à tout prix, ce mini-sommet, rentrent dans sa logique d’une paix durable pour toute la région, et notamment la Rdc. Les solutions à cette paix partent de la Rdc, quoi de plus normal qu’il faut l’encourager. Car, nous n’aurons jamais de paix tant que les trois voisins de l’est, les mauvais voisins, ne régleront pas leurs différends ou, pire, le feront sur le sol congolais comme il en est le cas depuis une vingtaine d’années. Il n’y aura pas de sommets de trop.
Les efforts de la Rdc à tenir ce mini-sommet et les ratés que d’aucuns jugent d’amateurisme doivent être compris comme des douleurs d’enfantement d’une paix dont les principaux acteurs ne sont pas prêts à concéder. Aucun des chefs d’État de la région ne refuse le sommet. Ils tergiversent en trouvant des prétextes, mais ils savent qu’ils sont obligés de se retrouver autour d’une table pour discuter paix.
Avec www.lescoulisses.info