Bancarisation: 8 ans de pillage!

Bancarisation: 8 ans de pillage!

septembre 23, 2020 0 Par redaction

«Plus de 50 milliards de fc étaient partagés mensuellement entre 50 personnes, d’août 2011 à novembre 2019, soit 507 milliards», révèle le procureur général Sylvain Kaluila Muana

La bancarisation, la formule magique « imaginée » en août 2011 par Adolphe Muzito, alors premier ministre, et relayée par Augustin Matata Ponyo à partir d’avril 2012, laquelle visait l’éradication des cadres et agents fictifs et des doublons dans l’administration publique, vient de se révéler comme un véritable poison pour la république.
Selon les premiers éléments d’enquête collectés par des limiers de l’inspection judiciaire des parquets, à la demande du procureur général près la Cour d’appel de Kinshasa/Matete, il a été constaté qu’en huit ans de pratique, soit d’août 2011 à novembre 2019, cinquante personnes se partageaient, mensuellement, une cagnotte estimée à 50.200.109.495 francs congolais (cinquante milliards deux cents millions cent et neuf mille quatre cents nonante cinq francs).
Le chiffre présumé détourné en huit ans, au bout des opérations maffieuses de la bancarisation, est estimé à un total cumulé de 507.021.105.899 fc (cinq cents et sept milliards vingt-et-un millions cent et cinq mille huit cents nonante-neuf francs congolais).
A en croire des données en possession de l’inspection judiciaire des parquets, une enveloppe globale estimée à 209.697.774.920 fc (deux cents et neuf milliards six cents nonante-sept millions sept cent septante quatre mille neuf cent vingt-quatre francs congolais) était décaissée chaque mois par le Trésor public, pour la paie de 1.220.458 (un million deux cents vingt mille quatre cents cinquante-huit) aux cadres et agents de l’administration publique.
En réalité, une bonne partie de cette somme était destinée aux rémunérations de 133.253 cadres et agents fictifs ainsi que 43.253 doublons. Pendant huit ans, soit de 2011 à 2019, la maffia a fonctionné à plein régime. D’Adolphe Muzito à Bruno Tshibala à la tête du gouvernement, en passant par Augustin Matata Ponyo et Samy Badibanga, ainsi que les différents ministres des Finances et de Budget ayant géré la chaine de la dépense publique, aucun n’a élevé son petit doigt pour dénoncer ce système de pillage organisé des finances publiques ni prendre l’initiative d’y mettre fin.
Ainsi donc, des milliers de fonctionnaires inexistant sur les listes de paie des agents et cadres de l’administration publique, de même que des milliers d’autres y figurant avec deux ou trois numéros matricules, étaient régulièrement payés et leur argent perçu par des réseaux maffieux positionnés au niveau de différents ministères et institutions de la république.
Selon les instructions données à l’inspection judiciaire des parquets par le procureur général près la cour d’appel de Kinshasa/Matete, des investigations très poussées devraient être menées du côté de l’Acb (Association congolaise des banques) en vue d’obtenir la liste de toutes les banques sélectionnées par les différents gouvernements de la république, dans le cadre de la bancarisation, en vue de passer au peigne fin leurs rapports de paie.

La présidence, la primature et la Bcc non bancarisées!

Pendant que les champions de la bancarisation criaient sur tous les toits que ce nouveau mode de paiement des fonctionnaires, militaires, policiers et autres était généralisé, ils entretenaient, en catimini, des îlots faisant exception.
Il s’agit, fort curieusement, de la présidence de la république, de la primature et de la Banque centrale du Congo. Pourquoi les cadres et agents de ces trois structures continuaient-ils d’être payés sous le système baptisé « Maboko-Banque »? Les observateurs pensent que c’était, sûrement, pour couvrir d’autres opérations maffieuses de paiement des fictifs et doublons.
Que dire de ce nouveau dossier de détournement planifié et à grande échelle des deniers publics, sinon qu’il y a beaucoup d’argent dans ce pays, suffisamment d’argent pour bâtir un Congo plus beau qu’avant et permettre à des millions de Congolaises et Congolais de vivre mieux aujourd’hui qu’hier.
KIMP «Le Phare»