Secrétaire général à l’Intérieur, Shabani Tabu bin Kikuni: Le Président invité à nommer les nouveaux bourgmestres

Secrétaire général à l’Intérieur, Shabani Tabu bin Kikuni: Le Président invité à nommer les nouveaux bourgmestres

août 31, 2020 0 Par redaction

La nécessité pour le Président de la république, Félix Antoine Tshisekedi, de nommer les nouveaux bourgmestres se fait de plus en plus sentir.
Alors que les acteurs politiques expriment de temps en temps le vœu de voir les nouveaux bourgmestres être nommés par l’autorité compétence pour plus d’efficacité dans la gestion des entités territoriales décentralisées, notre rédaction a fait parler un administratif chevronné qui maitrise les entités territoriales décentralisées et qui contribue à l’élaboration des textes qui régissent le secteur. Shabani Tabu bin Kikuni a gravi tous les échelons du ministère de l’Intérieur, de l’agent jusqu’au sommet de l’administration. Plus expert que lui, vous mourez.
Pour lui, il y a une nécessité pour le Président de la république Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, de procéder à la nomination de nouveaux bourgmestres pour plus d’efficacité dans la gestion, comme il l’avait lui-même promis lors de son adresse aux deux chambres réunies en congrès.
Shabani commence par relever le cadre: « Selon la Constitution de la république, la responsabilité de nommer et de révoquer les bourgmestres revient exclusivement au Président de la république ». Pour lui, ce qu’il observe avec certains gouverneurs de province qui s’arrogent les prérogatives du Président de la république révolte, c’est de l’anarchie ».
Par rapport au climat malsain constaté entre les gouverneurs et leurs assemblées provinciales caractérisé par des motions çà et là, déstabilisant ainsi les exécutifs provinciaux, Shabani pense que le problème est essentiellement politique: « Il est important que le gouvernement organise la conférence des gouverneurs pour que ceux qui sont à leur première expérience connaissent leurs limites et, surtout, l’attitude à afficher devant une motion qui deviendrait de l’organe délibérant de leur ressort. En plus, ils apprendront comment maintenir l’ordre et la paix dans leurs juridictions, même en cas d’une entorse administrative. Il a en plus suggéré l’organisation des séances de renforcement des capacités des députés provinciaux pour qu’ils sachent comment s’adapter aux compétences qui sont les leurs pour ne pas dépasser les bornes fixées par le législateur. Allusion faite à la province du Kasaï central où les députés ignorent les étapes à suivre avant d’arriver à la motion de censure.
L’article 39 de la loi sur la libre administration des provinces prévoit beaucoup de mécanismes légaux à suivre avant d’enclencher la motion de censure. Les députés ne connaissent pas tout cela, ce sont des ignorants.
Ce qui est aussi évident est que le gouvernement central doit appuyer les assemblées provinciales, car le non-paiement des émoluments est l’une des causes de troubles constatés dans certaines provinces.
A la question de savoir s’il est favorable à la réforme du secteur, Shabani répond par l’affirmative car, certains gouverneurs sont devenus des électrons libres. Ils obéissent plus aux présidents de leurs partis politiques qu’à l’autorité de tutelle qui est le ministre de l’Intérieur.
Cette attitude est à la base d’un dysfonctionnement silencieux qui ne dit pas son nom et nécessite l’implication de l’autorité établie.
Ange Gabriel NGALAMULUME