Suspension du pasteur Sony Kafuta: L’archevêque Albert Kankenza fixe l’opinion

Suspension du pasteur Sony Kafuta: L’archevêque Albert Kankenza fixe l’opinion

août 30, 2020 0 Par redaction

Suite au malaise qui sévit au sein de l’Eglise de réveil du Congo (Erc) et aux bruits généralement répandus dans l’opinion après la suspension, à titre conservatoire, de Sony Kafuta Rockman à la tête de cette structure, nous avons approché l’archevêque général Albert Kankenza Muana Mbo, responsable de l’église « La foi abondante » et le tout premier à avoir présidé l’Erc pendant plus ou moins vingt ans, pour sa version des faits.
Sans polémique, il a invité le peuple de Dieu en général, et les autorités établies en particulier, de ne pas prêter oreilles à ce qui se raconte, mais de s’accrocher à la vérité que voici: « Après la fin de mon mandat à la tête de l’église de réveil du Congo, j’ai adopté pasteur Sony Kafuta Rockman comme mon dauphin, sans arrière-pensée, étant donné que je suis de bon sens, comme le témoigne mon parcours. J’ai fait sa campagne pour qu’il soit élu à 97%, ce qui fut fait. Me soupçonner de le combattre, c’est diabolique car, je l’ai soutenu et je continue à le faire. Je n’ai pas de raison de le combattre, et lui-même n’a pas raison de me citer, surtout que je n’assure plus la gestion quotidienne de cette structure. Depuis que j’ai quitté la présidence de la communauté, je ne m’intéresse qu’à l’évangile.
Que s’est-il réellement passé?
Le désordre au sein de l’Erc a commencé par un des fondateurs, le pasteur Jean-Bosco Kindomba, qui a saisi, par écrit, le président de l’Erc, le pasteur Sony Kafuta, pour qu’il convoque une réunion des fondateurs de la plateforme pour discuter de sa marche. Ce dernier a considéré cette correspondance comme une provocation. Kindomba ne s’est pas découragé. Il est allé le voir en personne pour plus d’explications sur sa démarche, sa motivation et le bien-fondé de sa lettre. Il tenait à ce qu’on puisse éviter la confusion et les interprétations erronées. C’est alors qu’il obtient son approbation, précisant néanmoins qu’il ne prendra pas part à cette rencontre et que Kindomba lui dresse un rapport circonstancié.
La réunion a eu lieu au siège de l’église la foi abondante. J’en ai profité pour informer les participants que je n’ai plus le temps de m’impliquer dans les affaires internes des Eglises de réveil du Congo, étant pris par mon église ainsi que par la gestion de la ligue des églises et ministères de réveils du Congo, une nouvelle structure que je venais de créer et qui qui vise notamment l’encadrement des jeunes pasteurs.
Comptant sur l’expérience de Sony Kafuta dans la gestion et dans la résolution de conflits comme il en a fait preuve depuis plusieurs années, les participants lui ont renouvelé leur confiance afin de mettre de l’ordre dans l’Erc.
Alors qu’on cherchait à lui faire un rapport complet comme convenu, la réunion ayant eu lieu sur son ordre, curieusement le général Soni Kafuta ne répondait plus au téléphone du pasteur Jean-Bosco Kindomba qui en fut étonné, de même que les autres membres.
C’est dans ce contexte que la majorité des membres qui sont ses électeurs ont décidé de sa destitution pour ne pas ternir l’image de marque des serviteurs de Dieu et de la plateforme qui les unit.
Je me suis opposé à cette démarche pour ne pas déstabiliser son filleul. A la place, il a proposé une deuxième lettre au concerné pour qu’il convoque la réunion des fondateurs. Hélas, l’homme qui l’a apportée a été chassée comme un chien par un certain Bravo, qui est aussi pasteur, en présence de Sony Kafuta qui n’a pas condamné cet acte.
Les membres effectifs ont finalement décidé de le suspendre à titre conservatoire, en attendant l’injonction du secrétaire général au ministère de la Justice pour convoquer une assemblée générale élective. Je précise que je n’ai pas assisté à cette réunion ».
Au regard ce récit, l’archevêque général Albert Kankenza Muana Mboo n’est nullement impliqué ni de près ni de loin dans tout ce qui se passe. Il est tellement bien éduqué qu’il se réserve de tenir des propos discourtois à l’endroit de qui que ce soit, surtout que son statut de serviteur de Dieu l’invite à la retenue et au respect mutuel.
Tout en déplorant l’attitude de ceux qui désorientent l’opinion par la propagation de fausses nouvelles sur le tribalisme, il précise qu’il n’a pas le temps de chercher à connaitre les tribus des hommes créés à l’image de Dieu, car non seulement c’est de l’immaturité, mais c’est aussi diabolique. Tous ont été rachetés à un très grand prix, et que Jésus-Christ dont nous suivons les traces est un unificateur et réconciliateur. Il est mort pour toutes les Nations, toutes les tribus et toutes les langues, donc nous sommes UN dans un lien d’amour.

Une déclaration coupe-gorge
Pour rappel, les membres effectifs de la plateforme ont suspendu Sony Kafuta Rockman comme président de l’Erc. Ils justifient leur décision par le fait d’assister silencieusement, depuis plus d’un an, à des spectacles inattendus, violant les textes légaux et expriment leur indignation de voir leur structure entrain de chavirer, avec pour conséquence la perte de la crédibilité et le manque d’une interface vis-à-vis de l’Etat congolais dont ils sont partenaires.
A part la léthargie, d’autres méfaits sont mis à la charge de Kafuta, entre autres:
– la non convocation de l’assemblée générale depuis son investiture,
– l’inexistence d’un secrétariat exécutif,
– le refus de convoquer la réunion des fondateurs,
– la non-consultation réglementaire du président national honoraire dans toute prise de décisions importantes de la vie de l’erc,
– l’insoumission au pouvoir public et aux lois du pays,
– la tentative de modifier le nombre de mandats dans les statuts,
– l’abstention coupable du conseil des sages,
– les sorties médiatiques conflictogènes, avec des propos discourtois à l’égard de l’autorité publique et d’autres confessions religieuses, en se permettant de dévoiler les secrets de délibération, comportement condamné par l’article 9 point (d) du règlement intérieur de l’Erc.
Le représentant Sony Kafuta s’est permis de sortir des expressions non pastorales dépourvues de l’éthique chrétienne et de pudeur telles que: « Nazui eloko te, kaka masuba na ngai natiki kuna, nasubaki mbala mibale, nazali w.c, namonaka nyonso… ».
Ange Gabriel NGALAMULUME