Robert Ndaye Tshisense (sur la situation à l’est): «Félicitons nos vaillants militaires»

juillet 30, 2020 0 Par redaction

Pourrions-nous parler d’un reporter de guerre? Nous ne nous hasardons pas à le faire tant que lui-même ne l’a pas dit. Robert Ndaye Tshisense a profité d’un prétexte donné par un député national unanime, parce qu’il n’a pas voulu le citer, pour publier son carnet de voyage à l’est du pays, dans les royaumes des milices qui pullulent dans cette partie du pays.
Le reportage a attiré notre attention, et nous l’avons tellement apprécié que nous le reproduisons dans le cadre de cette edition de l’Eveil et sur le site www.leveils.info afin de donner l’autre son de cloche independent, désintéressé, sur les conflits entretenus par les hommes politiques du coin qui auraient, chacun, sa milice sur environ 150 qui sèment la terreur au Nord-Kivu, au Sud-Kivu, au Maniema et dans une partie du Katanga. Lisez attentivement:

« Depuis le week-end, une vidéo circule sur les réseaux sociaux, réalisée par un député national, parlant des groupes armés dans la partie est de la Rdc.
Je suis choqué d’entendre des choses, et je me suis résolu d’apporter une vraie information à notre cher élu.
J’ai parcouru les montagnes de l’est, de Kiyongo à Masisi, de Irimu à Kamatsi, je suis passé par Beni-Butembo, j’ai couvert la guerre du M23 ainsi que les négociations entre ce movement rebelle et le gouvernement, j’ai visité Gety et Walendu dans le dossier Hema et Lendu, j’ai rencontré cobra Matata et Germain Katanga.
Bref, j’ai passé la plupart de mon temps à couvrir la guerre en Rdc.
En suivant notre élu, c’est comme si le Président Tshisekedi porte, à lui seul, la responsabilité des tueries dans la partie est. Notre cher député doit être reconnaissant pour les efforts considérables qui ont été réalisés et un accord qui a été signé entre la Frpi et le gouvernement congolais.
Lorsque j’ai, une fois, survolé les montagnes de Kamatsi, en écoutant le général Mbadu, j’ai compris qu’il y a un temps pour tout. Félicitons nos vaillants militaires qui réalisent un travail professionnel sur terrain.
J’ai rencontré Makenga dans sa brousse de Bunagana, j’ai compris beaucoup de chose.
Vu de Kinshasa, la réaction de notre député est normal. Mais il doit retenir ceci:
Il y a quelques mois, un rapport a été publié par le Groupe d’études sur le Congo. Dans ce rapport, 125 groupes armés sont recensés depuis plus de 20 ans dans les seules régions du Nord-Kivu et du Sud-Kivu et parmi eux, environ la moitié de ces rebelles seraient encore actifs.

Mes voyages à Beni, à la découverte des Adf, Fdlr et Maï-Maï
Les rebelles les plus connus sont, sans aucun doute les Adf ougandais et les Fdlr rwandais.
A leurs côtés se retrouvent des groupes d’autodéfense congolais – les Maï-Maï – qui affirment défendre leurs communautés locales en profitant d’une « économie de guerre », « Il y a les Maï-Maï de Kata Katanga qui opèrent dans l’ancienne province du Katanga. Il y a aussi les Maï-Maï Yakutumba dans la province du Sud-Kivu et les Raïa Mutomboki qui opèrent dans le Sud-Kivu et un peu dans le Nord-Kivu.
Enfin, il y a les Ndc qui opèrent principalement dans le Nord-Kivu qui ont été récemment cités dans l’opération qui a abouti à la mort de Sylvestre Mudacumura, le chef militaire des Fdlr. »
Red-Tabara, Fnl et Forebu
Aux activités de ces milices locales s’ajoutent celles d’autres groupes armés étrangers qui opèrent dans les plateaux d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, frontalière du Burundi.
Ces milices armées sont à l’origine des mouvements de populations dans l’est de la Rdc, témoigne Helène Shaddai, coordinatrice du Directoire des organisations féminines pour la paix, le Diofap: « Les Maï-Maï sont appuyés par des milices burundaises et les Banyamulenge (groupe rwandophone, ndlr) sont appuyés par des milices rwandaises et ougandaises. »

Une stratégie commune
Depuis son élection, le Président congolais, Félix Tshisekedi s’efforce de mieux coordonner l’action militaire contre ces groupes armés avec le Rwanda et l’Ouganda afin de mettre un terme à la violence qui dure depuis des décennies et qui est entretenue par une économie de guerre.
Aucun groupe armé ne semble toutefois en mesure de s’emparer d’une grande ville congolaise. A l’inverse de ce qu’il s’était passé il y a sept ans avec le M23 à Goma.
Le groupe rebelle avait ensuite été détruit en 2013 par une action conjointe de l’armée congolaise et de la Mission des Nations-Unies au Congo (Monusco).
En conclusion, il y a un effort considérable dans le rétablissement de la paix à l’Est, le coronavirus est venu perturber la tenue de la conférence internationale des chefs d’Etat sur le mécanisme régional, les forces armées de la République démocratique du Congo sont sur terrain, motivé par plusieurs victoires et ont réussi à repousser l’ennemi. « Ne donnons pas l’impression que rien ne vas. »