Au ministre d’Etat à la Cirf

Au ministre d’Etat à la Cirf

juillet 13, 2020 0 Par redaction

Halte à la profanation de la diplomatie congolaise! « La coopération internationale est fille aînée des Affaires étrangères »

Le ministre d’Etat à la Coopération internationale, régionale et francophonie connait-il ou non la Convention de Vienne de 1964 sur les relations diplomatiques? Si non, il doit s’y référer absolument pour s’épargner des critiques qui nous viennent des ambassades et organisations internationales.
La gaffe est grossière. Le ministre recourt à la pratique des notes verbales et, sans le moindre souci, il va allègrement sur les platebandes de sa collègue des Affaires étrangères. C’est pitié après 60 ans de pratique diplomatique de la République démocratique du Congo dans l’exercice régulier des différents gouvernements. Malheureusement, ce laisser-aller surgit dans l’équipe gouvernementale de la coalition Fcc-Cach.
Cessons, évitons de faire côtoyer à la Rd Congo le ridicule dans le monde par les fautes propres aux novices et aux initiés.
Certes, les Latins disaient: « errare humanum est », se tromper est humain, mais persister dans l’erreur est satanique comme user crânement dans la correspondance officielle avec les pays tiers et les organisations internationales de notes verbales, messages en code ou en chiffre, genre de courrier exclusif du ministère des Affaires étrangères (cf. Convention de Vienne, article 27 alinéas 1 à 7 pour rafraîchir les mémoires) et chose interdite. Notre ministère peut, peut-être, se réjouir de n’être pas seul dans ces errements puisque plusieurs ministres novices ont aussi les doigts trempés dans le cambouis de la forfaiture épistolaire concernant cette pratique irresponsable d’usage de faux.
Si le ministre d’Etat devait se plaindre de la grosseur inconsidérée de son ministère, la Convention de Vienne ne lui reconnait nullement le droit de rogner sur les attributions du ministère des Affaires étrangères de souveraineté, ses titulaires ne se sont jamais sentis confinés ni amoindris.
Monsieur Guillaume Mandjolo, contentez-vous de rester tranquille dans l’espace prescrit par la loi et de vous référer autant que de besoin à votre collègue des Affaires étrangères pour toute correspondance aux fins diplomatiques, ça vaudrait mieux pour ne pas être en contradiction flagrante avec l’excellent et magnifique discours du Président de la république du 30 juin qui fustige l’habituelle mauvaise gouvernance consistant en de joyeuses saturnales, gabegie ininterrompue longtemps pratiquée dans notre res publica.
Somme toute, partout au monde, le service de la coopération est celui d’un agent tributaire des Affaires étrangères qui ont balisé la voie de la matérialisation des accords pris avec les pays tiers.
Ainsi, fière de ses oripeaux clinquants, la fille aînée ne reluque point pour la pourpre royale de sa mère.
Le ministère des Affaires étrangères, c’est le passage obligé de tout le gouvernement pour traiter avec les pays amis et les organisations internationales. Ainsi, ne vous gênez point dorénavant de passer par les Affaires étrangères pour les courriers officiels, cela ne ferait pas de vous un obligé ni un sous-fifre si tant est qu’il est vrai que vous ne puissiez ni vous mêler de l’accréditation des ambassadeurs ni d’organiser les commissions mixtes entre les Etats.
En tout état de cause, quand le premier ministre vous aura recadré, c’est-à-dire rappelé à l’ordre, vous cesserez comme un homme averti de brouter dans la prairie du voisin et la Rd Congo recouvrira tout le prestige de sa diplomatie.
Bonsoir la chienlit!
Christophe KANIKI MPIANA